Journée mondiale du braille : un outil d’accès aux droits
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Chaque année le 4 janvier, la Journée mondiale du braille met en lumière l’importance du système d’écriture tactile inventé par Louis Braille pour l’accès à la lecture, à l’éducation et aux droits des personnes aveugles et malvoyantes.
Cette date correspond à la naissance de Louis Braille, né le 4 janvier 1809. La journée mondiale du braille est reconnue par l’Organisation des Nations unies afin de sensibiliser à l’importance de l’accessibilité de l’information et de la communication pour les personnes déficientes visuelles.
Louis Braille, l’inventeur du braille
Devenu aveugle à la suite d’un accident dans son enfance, Louis Braille élabore, à l’adolescence, un système d’écriture tactile inspiré d’un procédé expérimental initialement conçu par Charles Barbier de la Serre pour la communication nocturne. Son objectif est de permettre aux personnes aveugles de lire et d’écrire de manière autonome, sans dépendre d’un tiers.
Malgré une reconnaissance tardive, le braille s’impose progressivement comme un outil universel d’accès à l’écrit, utilisé aujourd’hui dans le monde entier et adapté à la majorité des langues. Deux siècles après son invention, il demeure un levier essentiel d’émancipation.
Un système d’écriture tactile
Le braille est un système d’écriture et de lecture reposant sur une cellule de six points en relief, disposés en deux colonnes de trois points. Ces six points permettent 63 combinaisons différentes, utilisées pour représenter les lettres, les chiffres, les signes de ponctuation, ainsi que des notations spécifiques, notamment mathématiques et musicales.
Ce système s’adresse principalement aux personnes aveugles et à certaines personnes malvoyantes, lorsque l’accès à l’écrit visuel n’est pas ou plus possible. Contrairement aux dispositifs de restitution sonore, le braille permet une maîtrise directe de la lecture et de l’écriture, essentielle pour l’apprentissage, la compréhension fine des textes et l’autonomie.
Un outil d’accès aux droits et à l’éducation
En France, près de 2 millions de personnes sont affectées par un trouble visuel, dont environ 200 000 personnes aveugles pour qui le braille reste un facteur essentiel de participation inclusive et autonome.
Il constitue pour les personnes aveugles un moyen d’exercer leurs droits civiques et sociaux en leur permettant de s’exprimer par écrit, et d’accéder à l’éducation, à la connaissance, à la culture et aux loisirs.
Adaptations et technologies
Les dispositifs permettant la lecture et l’écriture du braille incluent des solutions adaptées aux besoins des utilisateurs, comme :
- des dispositifs électroniques qui transforment le texte numérique en braille ;
- des applications et logiciels spécialisés pour smartphones ou tablettes ;
- des ressources pour apprendre et utiliser le braille dans différents contextes éducatifs et professionnels.
Ces aides renforcent l’accessibilité des ressources disponibles et favorisent l’autonomie, et l’inclusion sociale des personnes déficientes visuelles.
Promotion de l’apprentissage du braille
Malgré son importance, la maîtrise du braille tend à diminuer dans certains contextes, ce qui soulève des défis pour l’autonomie des personnes dont la vision est fortement altérée.
Dans le cadre des politiques culturelles françaises, l’apprentissage et l’usage du braille ont été inscrits à l’inventaire national du patrimoine culturel immatériel. Cette démarche est actuellement poursuivie pour que le système braille figure au patrimoine culturel immatériel de l’humanité auprès de l’Unesco. Elle met en avant le rôle du braille en tant que savoir-faire social et culturel transmis dans des environnements éducatifs et associatifs, en reconnaissant notamment les « braillistes » comme communauté associée à cette pratique. Elle souligne aussi que le braille demeure un outil vivant d’expression et d’intégration sociale dans les réseaux de soutien et d’éducation.
Groupe de travail pour l’évolution du braille français
Afin d’accompagner l’évolution des usages et de garantir la cohérence du système braille employé en France, le groupe de travail pour l’évolution du braille français (GTEBF) a été instauré l’an dernier. Œuvrant dans une logique partenariale sous l’égide du ministère délégué chargé de l’Autonomie et des Personnes handicapées, et copiloté par l’Institut national des jeunes aveugles, il a pour mission de proposer des évolutions normatives du braille, d’en assurer la stabilité, et de veiller à son adéquation avec les besoins des personnes aveugles, et plus largement de toutes celles et ceux qui lisent, écrivent et transcrivent des textes en braille. Le GTEBF contribuera ainsi à renforcer l’accès au système de codification en braille dans un contexte de transformation des supports et des pratiques.
La Journée mondiale du braille est l’occasion de rappeler que l’accès à la lecture et à l’écriture est un élément fondamental de l’inclusion sociale des personnes aveugles et malvoyantes. La promotion du braille reste une priorité des politiques publiques d’accessibilité et d’égalité des droits.